éMOTions

éMOTions

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« Parfois les mots manquent de sens ou, s’ils en ont eu, l’ont perdu en chemin mais moi je continue de croire à la force des mots pour mettre à plat les choses, les faits et, ensuite mesurer s’ils doivent ou non être changés ».  Luis Sepúlveda

“éMOTions” est une proposition d’écriture à partir de 10 mots choisis  par l’OPALE (Organismes francophones de politique et d’aménagement linguistiques). Les productions sont ensuite mise en scène dans des petites formes théâtrales et musicales et jouées dans un bus.

Concrètement:

L’atelier s’est déroulé dans le cadre de l’opération “Dis-moi dix mots” et du “Festival Oups! Bouge ta langue!” en janvier 2015. Les participantes de la maison de quartier Marcel Paul à Sevran devaient imaginer des textes à partir des mots “amalgame” et “grigri”. Au mois de mai 2015, leurs textes ont été joué lors d’interventions surprises théâtrales et musicales dans les bus de la ligne 642 (Villepinte-Vert Galant). Un extrait de cette action a été intégré à l’édition DVD “La caravane des dix mots – éditions 2015”

La démarche:

“éMOTions” explore la richesse de la langue française. Dix mots ont été choisis, en concertation entre les différents pays francophones participant à l’opération. La contrainte du mot, permet d’explorer et de jouer avec les définitions, dans sa langue maternelle et en français. Cet atelier s’oriente autour de la traduction, du détournement et de la symbolique des mots. Les participants peuvent s’approprier et jouer avec les langues. La valorisation de leur production par des formes théâtrales et musicales sont aussi une façon d’interroger l’espace public sur cette articulation langue maternelle, francophonie, jeu, je et nous !

Tankun1

Tankun : « Grigri, j’y crois, presque à 100 %,  car ça m’est arrivé. Quand la guerre est tombée dans mon pays, deux camps s’attaquaient. Ça pouvait être la nuit ou la journée. J’ai eu très très peur. Je n’avais rien pour me protéger dans le cas où je les rencontrerais. Pour me donner du courage, je touchais un bout de tissu et je pensais immédiatement à ma mère et mon père. Je le porte toujours avec moi, ce sont les mains dessinées de mes parents. Pour que ça fonctionne, je faisais une prière en invoquant leurs prénoms et je mettais de la terre sur ma tête. A chaque attaque, j’utilisais ce rituel, ça me protégeait et ça me donnait du moral et du courage. »

CHADIA

Châdia : « Pourquoi les gens sont-ils obligés de parler des autres ? En les jugeant, non pas parce qu’ils sont, mais en fonction de leur origine. C’est quoi le but de tout ça ? Il n’ya aucune différence entre moi et les autres. Je me pose toujours cette question.

En rentrant chez moi, ma voisine Annie. Elle m’a parlé du dernier attentat qui passait en boucle à télé. Sans aucun arrière pensé, elle a dit : c’est encore un arabe ! Ils font n’importe quoi. Elle dit ça et pourtant Annie n’est pas raciste. Tout ça c’est à cause des gens qui mélangent tout. Annie est française, son mari est étranger et ça se passe très bien entre eux. »

NICOLE

Nicole : « Sans faire d’amalgame, je pensais que le Grigri existait uniquement dans les populations africaines. Quand mon fils était plus jeune et qu’il devait passer un examen, il mettait toujours la même paire de chaussettes pensant qu’elles lui portaient chance. Un jour d’examen, ses chaussettes « mystiques » n’étaient pas propres. Il alla sans ses chaussettes mais angoissé et il rata son examen. A partir de ce jour, j’étais convaincu du pouvoir mystique de ses chaussettes. »

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