Amandihya

Amandihya

Synopsis : 

Après le décès de son père, Amandine retourne dans la maison familiale pour débarrasser les affaires du défunt. En se confrontant aux souvenirs des objets du passé, elle replonge malgré elle dans les méandres de son histoire familiale, ses ruptures et ses tabous, un chemin plein de surprises et de poésie qui lui permettra peut-être de se réconcilier avec elle-même.

Extrait : 

« Ma fille, me voilà en fin de parcours, le départ est proche. Pourtant des départs il y en a eu dans ma vie. Je suis mal… et ce mal qui me ronge de l’intérieur ne cesse de me rappeler mon ultime voyage. Je n’ai plus personne […] Sinon ce seul ami qui me reste, à qui j’ai demandé de t’avertir le moment venu. […] Je suis seul dans cette maison. Je suis aussi vide qu’elle. Je n’ai pas envie de partir comme ça sans rien te laisser. J’aurais préféré être ce riche laboureur qui sentant sa mort… non non je ne suis ni laboureur ni riche. Je n’ai pas de terre à te léguer, la mienne, celle qui m’a vu naître est partie le jour de mon premier départ, celle qui t’a vu naître je n’ai pas pu la saisir pour te l’offrir. Alors je te laisse ces messages que tu écouteras peut-être… ou pas. Mais dans quelle langue te parler ; celle que j’ai tété au sein de ta grand-mère, celle que je n’ai jamais su te transmettre, ou bien celle de mon exil et de mon désarroi. »

Notes d’intentions de mise en scène :

Amandihya est un seul en scène pluridisciplinaire et musical. La pièce interroge le rapport conscient et inconscient que l’on a avec la transmission, une sorte de mouvement perpétuel entre le passé et son histoire identitaire. La musicalité entraînante d’une langue est-elle suffisante pour combler le manque de transmission ? Cette interrogation m’a toujours intriguée. Je ne suis pas berbère mais malgré ça, j’ai un amour viscéral pour cette langue. J’ai donc voulu explorer ce questionnement à l’aide de plusieurs prismes artistiques différents.
Mon premier rapport charnel avec cette langue a été musical. J’ai découvert des artistes tels qu’Idir, Brahim tayeb, Simoh qui m’ont touchée intimement. J’avais compris cette langue sans n’en connaître aucun mot. Il était donc indispensable d’associer la musique à cette transmission langagière. Puis lorsque je suis partie en Algérie en 2016, j’ai recueilli des témoignages profonds autour de l’oralité de cette langue, par le biais de proverbes et de poésies. J’ai donc transposé cette musicalité linguistique à travers des enregistrements sonores en berbère. Lorsque l’on a évoqué la question de la transmission, ce sont l’absence, le souvenir, le rapport intime avec l’objet qui sont apparus. J’ai donc voulu insuffler du vivant dans l’objet pour qu’il puisse transmettre, relier la vie à la mort et vice- versa. Les sens du toucher, de l’ouïe et de la vue sont exacerbés pour faire renaître un lien qui jusque là s’était perdu. Ces liens qu’Amandine crée avec les objets jouent avec le vide et le manque qui l’entourent.

Soutiens :

Amandihya est produite par l’association Mix et métisse. Elle est financée par la Région Ile de France dans le cadre du « Dispositif Méditerranée », l’Institut Français de l’Ambassade de France en Algérie, la Direction Générale de la Langue Française et des Langues de France (DGLFLF).
En janvier, avril, juin et août 2016, la Compagnie Issue de Secours a soutenu le projet en accueillant la Compagnie Dassyne au théâtre de la Ferme Godier à Villepinte. Durant ces résidences d’écriture, la pièce a été imaginée et développée collectivement. Amandihya est également soutenu par la Fontaine aux images.
Plusieurs partenariats ont été consolidés lors du voyage en Algérie avec l’association culturelle Numédia, l’étoile culturelle d’Akbou, la ligue des arts et du cinéma de Tizi Ouzou et l’association Tudert. La première d’Amandihya se déroulera en Algérie à Akbou, le 05 août 2017. Des représentations en Île-de-France sont programmées durant le dernier trimestre 2017.

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